Les Presses Prisonnières

C’est au cœur de notre prison…

C’est au cœur de notre prison que nous avons pensé à la possibilité de former un collectif, ou une sorte d’ensemble de publications dont on ne sait pas encore quelle forme elles prendront. Ce qui est rassemblé ici suit un cours de manière décontractée, et afin de sauver les petites traces, les gestes, les notes qui pourraient surgir spontanément au fil des jours. Nous l’avons appelé Les Presses Prisonnières.

Nous sommes dans l’atelier au fond. Il faut traverser la cour, franchir les deux portes dont on ne peut ouvrir qu’avec les clés des surveillants, puis suivre le couloir après l’atelier d’horticulture et après l’atelier d’électricité. Nous entrons et sommes enfermés pendant une heure ou deux. Parfois un jour ou deux, parfois une semaine ou deux, parfois un mois ou deux, parfois un an ou deux, parfois une vie ou deux.

Nous fabriquons des bicyclettes, mais à la fin nous faisons autre chose, nous parlons, nous dessinons, nous réalisons des actions, nous nous présentons aux autres, nous les écoutons, nous nous battons même et ensuite nous sommes contents.

Ainsi, tout ce qui est “inutile”, involontaire et peu pratique qui entoure cet atelier de mécanique, est traduit ici, ou non-traduit. Il est présenté sous forme de dessins, d’histoires, de parcours ou d’instructions que nous avons essayé de fixer, mais qui n’ont pas été suivis comme ils “auraient dû” l’être. Car chacun d’entre nous a dévié, déraillé, dépassé, débordé, et trouvé une autre façon de faire, une autre forme, “déformée”.

Sur la page des Pièces détachées, vous trouverez nos bricolages, nos bicyclettes, nos textes, nos objets et les choses que nous ne voulons pas encore définir ou finir d’assembler et que nous aimons comme des pièces de rechange et qui, selon le public et le goût ou l’aversion, pourraient prendre une place ou une autre.

 

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Une partie de ce projet a été exposée à la Médiathèque Municipale de Meyzieu du 9 au 26 février 2022.
Une autre partie n’est visible que par les détenu.e.s et les surveillant.e.s de la prison de Meyzieu.
Et une autre partie est en cours, et résulte de la communication entre l’extérieur et l’intérieur de l’établissement pénitentiaire.
Si vous voulez adresser quelques mots d’encouragement à ces jeunes artistes en prison, vous pouvez le faire via notre courrier.

 

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Projet réalisé avec Veduta/Biennale de Lyon dans le cadre de Culture Justice soutenu par la DRAC Auvergne – Rhône-Alpes, la Région Auvergne Rhône-Alpes et la PJJ.

 

 

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